Les dix commandements de l’auteur de nouvelles érotiques

Vous êtes de plus en plus nombreux/ses à nous proposer des nouvelles pour la collection Osez 20 histoires, et nous vous en remercions. Pour augmenter vos chances d’y être publié, voici les principaux critères à respecter. Ils prennent en compte les différentes lacunes et carences auxquelles nous avons été confrontés depuis 2010, année de lancement de la collection. Si une nouvelle vous est refusée, la raison se cache donc forcément dans un des commandements suivants ! Une bonne raison de bien les lire avant t’attaquer la rédaction.

1. Une histoire tu raconteras

Il n’existe pas vraiment de définition officielle du mot « nouvelle ». Une nouvelle est un texte court, qui peut s’étendre sur un seul paragraphe comme sur 20 pages, sans contrainte de forme. Il nous faut donc préciser dès le départ ce que nous entendons, dans le cadre spécifique de la collection Osez 20 histoires, par « nouvelle érotique ». En l’occurrence, nous voulons une histoire, avec un début, un développement, et une chute. Une histoire qui brille par son érotisme, mais aussi par sa faculté à tenir le lecteur en haleine et lui donner envie de la lire jusqu’au bout. Bref, un texte qui se contenterait de décrire une scène de sexe sans mise en situation, à la manière d’un fragment érotique, ne nous intéresse pas. On ne dit pas que ça n’a pas d’intérêt dans l’absolu, juste que ce n’est pas ça que nous cherchons.

2. La/les scène(s) de cul tu soigneras

Attention ! Privilégier l’histoire vous incite parfois à négliger l’essentiel, à savoir la raison pour laquelle un homme ou une femme achète un livre érotique, c’est-à-dire, en un mot comme en cent : le sexe. Il peut être présent de façon diffuse et continue, tout le long du texte. Il peut aussi survenir dans le cadre d’une ou deux scènes particulières, peu importe. Dans un cas comme dans l’autre, l’essentiel est donc que : 1. Votre histoire tienne le lecteur en haleine. 2. Elle fasse bander/mouiller. Ces deux points sont aussi importants l’un que l’autre !

3. Ta chochotte tu ne feras pas

On associe parfois la littérature érotique à un univers romantique et fleur bleu vaguement épicé… De fait, certains de nos concurrents jouent l’érotisme sur cette corde. Nous respectons d’ailleurs tout à fait cette approche, mais ce n’est pas la nôtre. S’il convient donc, comme nous l’avons vu dans le point précédent, de soigner vos scènes de sexe, il faut aussi appeler un chat un chat, en l’occurrence une chatte. Bref : lâchez-vous ! Ecrivez vos fantasmes en toute liberté, ne censurez pas votre vocabulaire, oubliez cette arnaque fumeuse du « c’est plus beau quand c’est évoqué », on s’en fout du beau, on veut du sale et on veut se vautrer dedans. Ce qui ne dispense pas d’y mettre une certaine élégance littéraire, bien au contraire, elle est même recommandée. Oubliez simplement toute forme de pudibonderie… Ou renoncez aux nouvelles érotiques !

4. Le thème tu illustreras

Osez 20 histoires est une collection de nouvelles érotiques à thèmes. Il est donc fondamental de réellement illustrer le thème demandé, et ne pas simplement le prendre comme prétexte. Un exemple parmi d’autres: pour le thème « Osez 20 histoires de sexe dans un train », il ne suffit pas de décrire une scène qui se passe dans un train : il faut expliquer pourquoi le train, ce qu’il symbolise dans l’univers fantasmatique des protagonistes, en quoi il colore les scènes de sexe… bref, le train doit presque intervenir comme un personnage à part entière. Notre conseil est donc de ne pas considérer le thème comme un simple point de départ, mais comme un tout. Pensez au thème à chaque étape de la rédaction.

5. Original tu seras

Les gens qui achètent des recueils de nouvelles érotiques le font avant tout pour s’émoustiller. L’enjeu est donc de les sortir de leur routine sexuelle, de les bousculer un peu, et pourquoi pas de leur suggérer des choses à expérimenter dont ils n’auraient pas eu l’idée. Sans tomber dans la surenchère de l’exotisme sexuel, il convient donc d’être un minimum original dans ce qu’on raconte. Par exemple, les scénarios du genre « une femme délaissée par son mari s’inscrit sur un site de rencontres et trouve un amant qui la baise magnifiquement » ou « un couple qui a envie de mettre du piment dans sa vie sexuelle s’achète des sextoys sur un site internet » sont un peu convenus et prévisibles.

6. Le calibrage tu respecteras

La collection Osez 20 histoires publie spécifiquement des textes d’environ 15 000 signes. C’est une moyenne. Disons entre 10 000 et 20 000 signes. En dessous, c’est vraiment trop court, au dessus c’est vraiment trop long. En précisant qu’un signe désigne un caractère, espace inclus. Pour connaître le nombre de signes d’une nouvelle, utilisez la fonction « statistiques » de votre traitement de texte. Sous Word, cliquez sur l’onglet « Mots » en bas à gauche de votre fenêtre : le nombre de signes de votre texte est indiqué comme « Caractères (espaces compris) ».

7. Le style tu soigneras

Dans littérature érotique, il y a littérature. La qualité littéraire n’est jamais le premier critère d’évaluation d’une nouvelle (nous jugeons en premier lieu l’originalité de l’histoire, le respect du thème et l’intensité sexuelle), mais pour autant, un texte trop mal écrit est assurément disqualifiant. Bref : soignez les formes, le style, le vocabulaire, lisez et relisez-vous, peaufinez vos textes ! Les fautes d’orthographe, la ponctuation hasardeuse, la négligence sont assez vite rédhibitoires. Attention aux clichés (le fameux « membre turgescent »), à la surabondance d’adverbes (« son sexe dressé fièrement m’excitait si terriblement que ma culotte fut abondamment trempée de cyprine puissamment parfumée »), aux métaphores inutiles (« son bélier puissant s’enfonça dans ma grotte humide »…), aux mauvais trips new age (« le chaudron bouillonnant de mon désir cosmique »…), et surtout, surtout, rayez à jamais le mot « foufoune » de votre vocabulaire.

8. De tutoyer tu t’abstiendras

Vous êtes nombreux(ses) à écrire vos nouvelles à la deuxième personne (« Tu me regardes, tu t’empares de mon sexe et le suces puis me tends ta chatte humide pour que je la lèche »…). Là encore, ce n’est pas un jugement dans l’absolu et il n’engage donc que la collection Osez 20 histoires, mais chez nous, ce procédé est éliminatoire. Le « tu » exclue le lecteur. De fait, ce n’est pas le lecteur que vous tutoyez, c’est quelqu’un d’autre, auquel le lecteur ne peut donc pas s’identifier comme il le fait avec le « je » ou le « il/elle ». Et l’identification est indispensable pour conduire au fantasme, ce qui est la vocation première de la littérature érotique. Tu piges ?

9. La présentation tu soigneras

Soyez aussi fantaisistes que vous le souhaitez dans ce que vous racontez, mais pas dans la forme du texte. Contentez-vous d’une police de caractère sobre (le comic sans MS taille 17 et couleur verte, non merci), évitez les caractères gras, le soulignement, le surlignage (si vous avez besoin de recourir à de tels procédés, c’est sûrement pour palier à des carences stylistiques)… Evitez aussi les abréviations, les smileys, les chiffres écrits en chiffres (« je regardais ces 2 femmes »)… Vous écrivez une nouvelle érotique destinée à être publiée dans un livre, pas sur un skyblog !

10. Au directeur de collection le travail tu faciliteras

Dans l’idéal, envoyez vos textes par mail (plutôt que par courrier postale) à elise.musardine@gmail.com sous format Word (.doc) dans une pièce jointe (plutôt que copié/collé dans le corps du mail). En tête de votre nouvelle, indiquez :
- vos nom et prénoms civils
- votre pseudo
- votre adresse postale
- votre adresse email
- le thème pour lequel vous postulez
- le titre de votre nouvelle

Pour des raisons logistiques dont je vous épargne le détail, le fait d’avoir ces informations dans le document Word nous facilite grandement la tâche.

Vos vrais noms et prénoms sont également importants (si votre nouvelle est retenue, nous en aurons besoin pour vous envoyer un contrat et vous signer un chèque). Il va de soi qu’ils resteront totalement confidentiels. Certain(e)s refusent malgré tout de les communiquer pour des raisons qui leur appartiennent, mais dans ce cas, leur texte n’est pas publié.

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13 réponses à Les dix commandements de l’auteur de nouvelles érotiques

  1. Le Matou libertin dit :

    Chère Elise….

    Merci de ces précisions ( qui pour moi arrivent un peu tard car j’ai déjà envoyé mon texte pour  » Osez 20 histoires de punition  » ) ! Je les garde précieusement afin d’en tenir compte pour mon prochain envoi !

  2. Varga dit :

    Merci pour ces conseils de bonnes pratiques.

  3. Johnny B. dit :

    Vous pourriez rajouter aussi un 11e commandement : « à part pour les « Osez 20 histoires d’amour, les déclarations romantiques et les « je t’aime », tu banniras » : c’est aussi approprié que du sel à la place du sucre dans un gâteau au chocolat (rien que d’y penser, beurk !). D’accord pour de la tendresse, mais l’Amour avec un grand A n’a pas sa place dans une nouvelle érotique (sauf thème indiqué précédemment).

  4. Julie Derussy dit :

    Je ne suis pas d’accord avec cette idée que l’amour n’a pas sa place dans une nouvelle érotique. Pas du tout. Ce qui ne veut pas dire que c’est une nécessité, bien sûr. Mais on peut faire des nouvelles très érotiques et très amoureuses, et sans que ce soit le thème, et d’ailleurs je n’obéis qu’aux commandements de Stéphane (faire de la lèche, ça peut marcher, surtout si on a obéi aux 10 commandements).

  5. Julie Derussy dit :

    D’ailleurs, j’adore faire les gâteaux au chocolat avec du beurre salé.

  6. Stéphane Rose dit :

    Je ne suis pas d’accord non plus, une histoire d’amour peut être très cul, intense, voire déviante et dérangeante, l’un n’empêche pas l’autre. Ceci dit c’est une remarque intéressante, donc je propose qu’on approfondisse et pose la question à Johnny B.: que reprochez-vous aux histoires d’amour avec un grand A?

  7. stella dit :

    « Les fautes d’orthographe, la ponctuation hasardeuse, la négligence sont assez vite rédhibitoires.  »

    Un auteur qui écrirait « courrier postale » devrait donc, à juste titre, être écarté des sélections…

    Bien cordialement

  8. Johnny B. dit :

    Disons que pour moi, dans une nouvelle érotique, sentiments et sexe doivent être dissociés. Ou alors, s’il y a de l’amour, il ne doit pas s’exprimer explicitement, pas de « Je t’aime. » par exemple, ça me paraît hors de propos. Quand je regarde du hentai, ça peut être un bonus, mais devant un film pornographique ou une nouvelle érotique, ça me paraît hors-sujet, ou alors, c’est à compenser par de la tendresse.
    Sinon, Julie, je ne parlais pas de beurre salé, mais de sel à la place du sucre.

  9. Noann dit :

    Je trouve au contraire qu’il faut des sentiments… C’est ce qui permet de garder un côté humain et de communiquer de l’empathie au lecteur.

    Un couple qui s’étreint devient intéressant quand il a une grandeur sentimentale, des émotions, des soucis.

    Sans ça, c’est juste un couple qui baise.

  10. Gary dit :

    Madame de Russy a raison, sauf pour le sel dans le chocolat, qui est une hérésie.

  11. Gaby dit :

    Personnellement, j’ai beaucoup aimé le commentaire de Stella.

    J’ai un 11ème commandement, moi aussi:
    Si par la Musardine ton texte est refusé, ailleurs tu le proposeras.

    Je peux vous assurer que, parfois, ça marche.

    Cordialement

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