On va régler ça entre filles

Dans un long mail sympathique et cordial (contrairement à ce que laisse entendre l’extrait qui suit), un internaute prénommé Thomas se plaint :

« (…) tu parles beaucoup mais ne fais pas grand-chose… la façon que tu te moques de ces dragueurs maladroit sans jamais coucher avec eux, ça me fait penser à ces critiques genre télérama ou les cahiers qui passent leur temps à allumer des films sans savoir comment fonctionne une caméra… ou alors tu racontes pas tout ? (…) »

D’abord, cher Thomas, je vous en conjure, et tant pis si ça ne fait qu’aggraver mon cas à vos yeux : la façon DONT je me moque. Pitié.

Ensuite, en effet, je ne raconte pas tout. J’ai une vie sexuelle que je considère comme plutôt bien nourrie, je n’entends juste pas utiliser ce blog pour en faire le récit. Toutefois, je conçois tout à fait qu’à me moquer ainsi de jour en jour de la lourdeur pachydermique des dragueurs online, je prends le risque de passer pour l’aigrie de service qui passe son temps à persifler pour dissimuler son inaptitude à goûter simplement aux joies de la sexualité. Et puisque j’ai ce genre de nanas en horreur, et qu’il m’ennuierait d’y être associée, j’ai décidé, pour mon billet du jour, de partager avec vous l’expérience saphique troublante et intéressante à laquelle je me suis livrée hier soir. Avec une correspondante Facebook, justement. Je ne dévoilerai rien sur son identité, pas même d’éléments physiques, de manière à protéger complètement son anonymat ; je m’y suis engagée auprès d’elle. Je m’en tiendrai donc, plutôt qu’à une description érotique des faits, à la façon dont je les ai vécus sur un plan psychologique, et donc décentré de toute forme de sensualité.

Résumé concis de la rencontre : je la vois connectée sur le chat de Facebook ce week-end (j’avais quelques jours plus tôt été charmée par ses photos et noté son nom dans un coin de ma tête…), je lui parle, ça dégénère tout de suite, nous nous chauffons mutuellement, elle me donne rendez-vous chez elle le surlendemain, c’est-à-dire hier soir.

Je sonne à sa porte, elle ouvre, je la reconnais, elle n’a pas menti sur les photos… Sans même s’encombrer d’un « bonjour », d’un « bienvenue », ne parlons même pas d’un « tu veux boire quelque chose ?», elle me roule une pelle. Direct. Parapluie ruisselant dans la main droite, sac à main dans la main gauche, je me laisse embrasser, plutôt bien d’ailleurs, mais ça ne me convient pas.

Avec les hommes, je suis volontiers passive. J’aime me faire prendre, j’aime le parler cru, être ligotée parfois, fessée volontiers, cravachée à l’occasion, bref soumise au mâle dominant qui a le cran de s’assumer en tant que tel face à moi. Mais avec les filles, c’est l’exact inverse. Je ne conçois pas une expérience saphique dans la passivité. Avec les filles, je suis une active à tendance dominante, et volontiers dominatrice si on m’en donne l’occasion. D’être ainsi accueillie par un baiser aussi soudain, brutal et presque intrusif (quand bien même étais-je consentante pour l’embrasser) m’a donc déplu… et en même temps excité : « toi, tu ne perds rien pour attendre… », me suis-je dis intérieurement.

Sauf que le déroulement de la soirée m’a rapidement montré que mon hôte était exactement du même profil psychologique que moi : une authentique dominante pas du tout résolue à se laisser gouiner passivement. Résultat, notre corps à corps a eu vite fait de tourner au combat de catch féminin… Il ne manquait plus qu’un ring, de la boue et un public de mâles avinés pour nous encourager !

C’est elle qui a proposé ce compromis : « je me laisse un peu faire, et puis tu te laisses un peu faire, ok ? » J’ai accepté. Ce qui fut évidemment une erreur. J’ai commencé à la baiser comme j’en avais envie, mais le simple fait de savoir que ça ne durerait que quelques instants pendant lesquels elle attendait son heure a suffi à me couper l’envie. D’ailleurs, en commençant à m’occuper d’elle, je le voyais dans ses yeux brillants, elle me toisait du même regard que je lui avais lancé une heure plus tôt en songeant qu’elle ne perdait rien pour attendre… sauf que là, c’était moi, la proie, c’était moi, qui allais voir ce que j’allais voir, et j’imaginais le pire, je la sentais capable de m’emboutir avec un gode ceinture ou pire encore. Bref : c’est elle qui menait la danse, depuis le début. Ce qui a eu pour effet de me sortir complètement de toute humeur sexuelle.

Je me suis décollée d’elle, j’ai allumé une clope, elle avait l’air déçue mais a été cool et n’a pas insisté. Elle m’a juste fait lui promettre qu’il y aurait un second round. En lui concédant, je cédai une nouvelle fois à son emprise. Bref, je l’ai quittée avec l’impression de me prendre une leçon de manipulation sexuelle, alors que je croyais avoir atteint la ceinture noire dans cette discipline.

A la prochaine, donc…

Et si tu me lis, et je sais que tu me lis : je vais te mettre au pas, petite salope.

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5 réponses à On va régler ça entre filles

  1. Manu dit :

    on peut avoir des places pour le deuxième round?

  2. justine dit :

    si vous avez besoin d’une arbitre, je postule !!!

  3. Donatien dit :

    Elise c’est toi sur la tof ????

  4. 666 dit :

    so sexxxxxxxxy

  5. Adeline dit :

    Je veux bien que tu me domines…

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