Peut-on appeler un chat une chatte?

Un écrivain, intéressé par l’idée d’écrire une nouvelle pour la collection, m’a branchée sur le messenger de Facebook pour me demander quel genre de vocabulaire était requis pour décrire les scènes spécifiquement sexuelles, si l’on pouvait s’autoriser les mots crus, ou si l’on devait au contraire s’en tenir aux lois de l’érotisme suggestif. En clair : peut-on appeler un chat une chatte ?

En guise de réponse, voici quelques courts extraits de scènes torrides issues de quatre nouvelles de notre volume « infidélité », à paraître en mai 2010.

1. Descriptif et précis

« Lentement, je montais et descendais sur le sexe dressé à la verticale. Jamais je n’avais eu pareille bite dans mon vagin. A chaque montée et descente, mes grandes lèvres se retournaient, une fois dans un sens, une fois dans l’autre, provoquant un chuintement obscène qui accroissait notre excitation à tous deux. J’ouvris la bouche ; nos langues se nouèrent. J’eus tout de suite un orgasme. Je gloussais dans la bouche de Friedrich, pressant moi-même mes seins dans ses mains, quand je sentis sa bite tressauter dans mon con, m’envoyer sa semence. Alors, j’accélérai mon mouvement pour que ses couilles se vident le plus vite possible. »

2. Erotico lyrique

« De tes mains farouchement décidées tu fais fuir sur le sol mon slip avec ma jupe, alors je m’assois, soudain docile, pendant que d’un étui sorti d’on ne sait où tu déchires l’enveloppe, déroules avec dextérité un bonnet blanc sur ton bélier têtu, et ce sont des chevilles émerveillées que tu saisis pour m’écarter les jambes, t’enfoncer dans le V de mes cuisses béantes, loin entre mes reins mobiles, dans un puits de miel tiède qui n’attendait que toi… »

3. Porno travaillé

« J’ai bien ouvert, en tirant sur les poils. Ils voyaient toute ma moule, bien ouverte, avec le début du trou, en bas. Ca coulait. J’ai tripoté mon bouton, un petit peu, puis j’ai ordonné au gamin d’approcher. A quatre pattes. Le petit chien s’est mis entre mes jambes. Je lui ai dit de laper, de ne pas en laisser une goutte. Il a d’abord léché autour, sur les poils, puis il a fait aller la langue dans ma fente. Il m’a excitée très vite, je ne m’y attendais pas. J’allais jouir. »

4. Direct et ordurier

« C’est en le sentant s’enfoncer un peu plus en profondeur, que j’ai commencer à crier. Et qu’il accélère la cadence n’a rien arrangé. « Fais toi du bien ailleurs si ça te fait mal, touche toi le clito ». Il avait raison, c’était ça, le secret. J’ai commencé à me masturber pendant qu’il m’enculait jusqu’à la garde. « Si tu sens que tu peux jouir, retiens toi, je veux jouir le premier ». J’y suis allé un peu moins fort dans mes mouvements, lui s’est mis à accélérer. Je me suis autorisée à jouir quand j’ai senti qu’il allait lâcher la purée. En l’entendant grogner comme un ours j’ai imaginé son sperme qui giclait dans mon cul malgré la capote, et je me suis payé un orgasme… je sais pas comme dire… fulgurant ? J’ai beau avoir joui par le clitoris, j’avais l’impression d’avoir un point G dans l’anus. »

Ces quatre exemples révèlent je pense toute la variété du vocabulaire érotique apte à nous séduire. L’important n’est pas tant dans le choix des mots que dans le réalisme des scènes qu’ils dépeignent. Un réalisme toujours teinté d’une certaine élégance, mais qui ne dissout jamais le fond du propos dans des excès de mise en forme. L’érotisme ampoulé nous ennuie, le déballage pornographique dépourvu de tout effort de mise en forme aussi, à vous de trouver le juste milieu !

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