Le procès de la Musardine

Reçu cette semaine dans ma boite mail:

« pourquoi faire un tome « entre filles » et pas un tome « entre mecs ? » c’est bien la preuve que vous etes des pornocrates comme les autres malgré les beaux discours, sinon vous auriez fait un tome homo et un tomme lesbien … sauf que voila ces messieurs aiment bien voir les filles entre elles, mais les mecs, quelle horreur, on est pas des pédés !!! heureusement qu’il y a des gens qui se bougent dans les assos pour défendre la diversisté, parce que s’il fallait compter sur vous… je l’acheterai pas vvotre livre homophobe, je sais déja ce qu’il y a dedans ! sans rancune, sabine »

Chère Sabine,
J’ai déjà partiellement répondu à votre mail dans un billet posté le 10 octobre dernier sous le titre: peut-on écrire des scènes de sexe entre mecs dans les recueils Osez 20 histoires ? Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite donc à la lire. Et j’ajoute aujourd’hui que la Musardine n’a jamais tenu de « beaux discours », en tout cas tels que vous les sous-entendez. La Musardine revendique juste l’éclectisme le plus large, dans les genres de livres qu’elle publie (littérature, guides pratiques, essais, beaux livres, BD…) comme dans les thèmes qu’ils abordent, la façon de les aborder et surtout les profils des auteurs qui les écrivent. La Musardine est comme une auberge espagnole où les « pornocrates comme les autres » côtoient les militantes féministes, où les hétéros machos trinquent avec des petits pédés branchés, où de vieux auteurs des années 70 taillent le bout de gras avec des jeunots même pas trentenaires, où les déviants les moins recommandables serrent la main aux jeunes mamans qui écrivent des textes érotiques entre une sortie chez Disnelyland et le biberon du petit dernier. Citez-moi une seule maison qui édite des personnalités et des sensibilités aussi différentes qu’Esparbec, Ovidie, Alfred de Musset, Gérard Zwang, Ruwen Ogien, Eric Jourdan, Marlène Schiappa, Gala Fur ou Peggy Sastre, tous publiés sans la moindre censure ! Nous ne sommes certes pas des militants, sinon de la variété des points de vue, ce qui est à mon sens une façon autrement plus efficace d’œuvrer pour la diversité que de se répandre en bien-pensance pavlovienne comme vous le faites.
Sans rancune,
Elise.

PS:

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3 réponses à Le procès de la Musardine

  1. Padoum dit :

    Ben effectivement, je trouve que ça surprend, ces thèmes. Au final, on arrive plus ou moins (à part le chasse à l’homme qui est original) quasi au classement des vidéos – lequelles sont faites par des hommes pour des hommes.
    Si la collection est a public féminin… j’ai des doutes sur la pertinence de certains thèmes.

    Mais bien entendu tout dépend du traitement aussi.

  2. Aline Tosca dit :

    C’est le traitement et le regard qu’on lui accorde qui rend un thème intéressant ou surprenant, en effet. Moi je trouve ce « Entre filles » évocateur à souhait. J’y travaille en ce moment. Et puis ça me plaît quand c’est pas compliqué. Et là ça l’est pas. Ce n’est pas vrai que ce thème est surtout fantasme d’homme. Il y a plus de filles qui apprécient ce genre de relations qu’il n’y paraît. C’est juste qu’elles sont discrètes. Ne le crient pas sur les toits. C’est un peu intime, faut dire. Pour les autres thèmes c’est pareil. Si les sexware ont du succès en apparence je connais peu de personnes qui se vantent d’avoir une collection de canards de bain ou de menottes à plumes. Pourtant, rien de tels que les jouets pour accentuer l’imaginaire ! Quant à la « Fellation », une mise en bouche, n’est-ce pas le début d’une cuisine trois étoiles ?

    Bref, les thèmes qui nous font écrire, en érotisme ou pas, sont les mêmes depuis longtemps. Les choses de la vie ne s’inventent pas, elles se magnifient ou se transforment selon notre façon de les aborder. Enfin, il me semble. :)

  3. Morgan Iadakan dit :

    J’arrive près de 3 ans après la bataille mais en tout cas GRAND MERCI pour l’illustration ci-dessus !
    Pour le reste, j’ai du mal à voir en quoi la littérature érotique, comme le cinéma pornographique effectivement, aurait obligation de se parer de militantisme.
    Personnellement, si je veux nourrir une réflexion sur la parité ou autres, je ne me dirige pas de prime abord vers les « Osez 20 histoires… » de La Musardine ! ;)

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