Osez l’amour des rondes!

Quand il n’écrit pas les truculents best-sellers que l’on sait, Esparbec dirige les collections de littérature porno de La Musardine. Depuis quelques jours, sur son bureau, trône placidement une petite pile de dessins vraisemblablement destinés à illustrer un futur Sabine Fournier (la collection SM dégoulinante de cul de la Musardine, ma préférée). Sur un des dessins, on voit une blonde bien en chair debout sur un pèse-personne, l’air honteux, sous l’oeil pervers d’un homme en smoking, dont on comprend qu’il est l’initiateur de cette petite séance d’humiliation.

Je vais vous faire une confidence: ce dessin m’excite tellement que j’en ai fait une photocopie sur laquelle je masturbe à l’occasion le soir chez moi. Je pratique volontiers la domination lesbienne, mais entre filles, ça a toujours des allures de porno chic qui se refuse à vraiment sombrer dans l’abject. Et pourtant j’aimerais bien, moi aussi, soumettre une bonne grosse, lui claquer le cul et lui pincer les seins en la traitant de grosse truie… Mais je n’attire que des filles gaulées comme moi, petits-seins-petits-culs trop narcissiques pour accepter de vraiment se vautrer dans la fange. A croire que ce versant bien particulier du SM est forcément hétérosexuel…

Il faut bien l’admettre : le registre de la fille dodue, pour ne pas dire de la ronde, voire de la grosse, dont on exploite la honte qu’elle éprouve d’être aussi grasse est un classique des romans porno écrits par des hommes à destination des hommes. Je ne résiste pas à la tentation de scanner une page de La Pharmacienne, roman génial d’Esparbec :


Je suis bien d’accord: ça mérite une punition!

Plus récemment, la prolixe collection Média 1000 vient carrément de publier un évocateur Elle avait fait de moi sa grosse dondon vicieuse, qui raconte l’histoire de l’employée d’une boutique de lingerie engraissée par sa patronne bien décidée à en faire une grosse cochonne lubrique…

Certains s’offusquent de la perversité misogyne de ces humiliantes apologies de la graisse, d’autres y voient au contraire un éloge gourmand de la féminité, pour ma part j’y vois un peu des deux sans y trouver à redire, bien convaincue qu’on puisse se revendiquer féministe et tirer un grand plaisir sexuel d’un imaginaire fantasmatique macho (en tout cas moi j’y arrive très bien), et c’est tout le charme que je trouve à la sexualité: sa permanente ambivalence, cette façon dont elle se joue de nos valeurs et de nos convictions.

Une ambivalence qui se retrouve dans la politique éditoriale éclectique de La Musardine: en parallèle des Sabine Fournier et des Média 1000 écrits par des gros dégueulasses où l’on gave, pèse, pince et fesse vigoureusement les « grosses dondons », Marlène Schiappa, héroïne du web féminin et de la blogosphère girly, publie un formidable Osez l’amour des rondes, indubitablement féminin (féministe?), nourri (grassement comme il se doit) d’idées libres et décomplexantes à la gloire de la beauté et de l’identité ronde. Et tout ce beau monde cohabite dans le même bateau, dans la plus parfaite entente !  

Pour le vérifier par vous-même, venez rencontrer Marlène Schiappa (et les autres, planqués dans l’assistance, comme à chaque fois…) le 13 janvier 2011 à la librairie La Musardine (122 rue du Chemin-Vert à Paris) à partir de 19h pour la soirée Osez l’amour des rondes. Plus d’informations viendront bientôt sur le blog de la Musardine, mais vous pouvez déjà réserver votre part du buffet (qui s’annonce riche et calorique, logique) sur l’évènement Facebook ouvert spécialement pour l’occasion. Bon appétit!

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