Pierre Des Esseintes

(banlieue de Versailles)

©Pictange(photo © Pictange)

Quand je n’écris pas de la littérature érotique…  Je travaille dans la presse de “charme”, j’étudie la sexologie, et j’apprends le Krav Maga dans la fédération de Gabi Noah.

Ce que m’apporte l’écriture érotique… J’aime l’écriture érotique (ou pornographique, je ne fais aucune différence) pour le travail sur la lettre qu’elle impose. En plus de construire un récit crédible, on se doit de susciter une émotion érotique, ou mieux, une véritable excitation. Il ne faut jamais oublier que l’on écrit pour l’intellect du lecteur, mais aussi pour sa chair et ses nerfs. L’exigence est très haute. Cézanne disait de Courbet : “il avait l’âpre désir de serrer entre ses bras la nature vraie ; il voulait peindre en pleine viande et en plein terreau.” Ecrire de l’érotisme, c’est écrire en pleine viande. Aucun faux semblant n’est permis. Les effets de style, les métaphores sont toujours formulés au risque du ridicule. Il ne faut pas avoir peur, selon moi, de nommer crûment les réalités du corps. Ce qui n’empêche pas la poésie.

Mon tout premier souvenir érotique… Premiers souvenirs érotiques ? Je peux vous parler de mes premiers émois sexuels, mais je ne sais pas si l’on peut parler d’érotisme. L’érotisme, pour moi, est plutôt lié aux représentations. Mais puisque vous y tenez, je peux vous raconter qu’à l’âge de huit ans, j’escaladais le mur du jardin de mes parents pour rejoindre ma voisine, à peine plus âgée que moi. Quand il faisait beau, nous jouions ensemble, parfois elle baissait sa culotte et me demandait de regarder. Ensuite, je faisais la même chose. Nous nous approchions pour examiner, le plus près possible, ce qui nous différenciait. Nous ne comprenions pas ce que nous faisions, mais nous avions le sentiment que c’était défendu, que nous devions nous cacher. Je me souviens encore du frisson que je ressentais quand elle m’appelait, de l’autre côté du mur.

Mon texte érotique préféré… Si je ne dois en choisir qu’un, c’est sans hésiter Les Trente jours de Marseille, de Michael Biermann (éd. Le Cercle). Ce roman foisonnant, au style impeccable, inépuisable réservoir de fantasmes, est selon moi d’une puissance érotique indépassable.

Ma citation fétiche…  “La seule certitude qui nous reste, c’est la capacité d’agir de notre corps. Si j’aime, je bande. Si je bande pas, j’aime pas. C’est la seule façon de pas se conter d’histoires. Comme les femmes qui te disent : “Je t’aime comme au premier jour” et qui sont sèches comme du papier sablé, alors que tu les a connues mouillées au dernier degré juste après les avoir embrassées dans le cou”. Le Déclin de l’empire américain (1986), écrit et réalisé par Denys Arcand.

Retrouvez Pierre Des Esseintes sur sa page Facebook ou dans une de ses nouvelles parues dans la collection Osez 20 histoires:
Fallait pas, dans Osez 20 histoires de punitions sexuelles (2014)
Plan social, dans Osez 20 histoires de sexe partout sauf dans un lit (2014)
Petit conte d’hiver, dans Osez 20 histoires érotiques de Noel (2013)
Fun House, dans Osez 20 histoires de vampire et de sexe (2012)
Last Christmas, dans Osez 20 histoires érotiques de Noël (2011)
L’esthéticienne, sous le pseudonyme de Stéphanie Pierre, dans Osez 20 histoires de premières fois (2010)

A la Musardine, Pierre Des Esseintes est également l’auteur de Osez l’infidélité (2014), Osez  le libertinage (2011) et Osez la bisexualité (2006).

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On lui doit aussi 150 secrets pour rendre un homme fou de plaisir (éd. First, 2014), Faire l’amour à un homme (éd. First, 2013) et Guide de survie en cas d’apocalypse (éd. Jean-Claude Gawsevitch, 2012).

Une réponse à Pierre Des Esseintes

  1. Milley dit :

    Belle présentation !

    Parlez-moi d’amour cher Mr Des Esseintes…

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