Dora B.

(Paris)

autoportait masqué

Quand je n’écris pas de la littérature érotique… Je suis psychanalyste. Ce métier soigne ma culpabilité et me permet de faire jouer à bas bruit mon agressivité. Il y a dans la position de dépendance de l’analysant quelque chose qui titille mes pulsions sadiques, et ce en toute impunité. Mutique et glacée – en pure lacanienne -, j’aime déstabiliser mes patients par des parfums trop capiteux, des soupirs énigmatiques et des confusions d’horaires. Sinon, j’aime les livres et les chats.

Ce que m’apporte l’écriture érotique… Dora B., c’est mon double malicieux, lubrique et libre. Le sexe a toujours été une préoccupation pour moi, d’abord comme une quête de l’orgasme, puis j’ai, comme dit le slogan immonde de LU « ouvert le champ des possibles ». Cela fut ma première nouvelle pour la Musardine, les chroniques du cougar, qui était a minima une réponse à Fake de Giulio Minghini.
J’aime sexualiser la vie quotidienne, dérouler l’étui d’un parapluie comme un préservatif sur une belle bite tendue, glisser mes bouteilles dans le container pour verre comme un plug dans un anus souple, imaginer le sexe des gens sous leurs vêtements. Scène/obscène, ce n’est pas la même étymologie mais le rapprochement est tentant.
Dans l’écriture, je trouve une jouissance toute cérébrale à mettre en mots mes rêves, mes aventures, mes émois pour en faire des histoires. J’aime les allitérations, les images nées de la collision entre des noms propres et des qualificatifs sales, l’alliance du plus cru et du plus éthéré, la où est le mystère du sexe/texte.

Mon tout premier souvenir érotique…  J’ai grandi à la campagne. Ma cousine germaine, qui habitait dans une ferme loin de l’école, venait déjeuner tous les jours à la maison. Nous avions le même âge mais j’étais bonne élève alors qu’elle marinait avec les cancres au fond de la classe. Nous jouions au docteur. Je farcissais sa fente imberbe de pétales de fleurs, des rhododendrons je crois, puis je les retirais doucement avec une petite branche. Elle gloussait et se tortillait, fesses nues sur la pelouse.

Mon texte érotique préféré…  « Une érotique féminine s’exprime évidemment dans des tonalités très singulières : intellectuelle et distancée (Millet) ; cérébrale (Garréta); passionnelle, mais résolument sans lyrisme (Ernaux); hyperlibérée et clean (Cusset); ludique (Darrieussecq, Nimier); rageuse (Arcan); sensuelle (Reyes); dépressive (Breillat); romanesque (Laurens); exaltée et imprécative (Angot)… » (Anne Juranville, dans L’érotisme en question)
J’aime aussi certains écrivains gays, Guibert, Dustan, pour leur cruauté salutaire.
Enfin Charlotte Roche, activiste délurée, bisexuelle sodomite et sentimentale, plus clinique qu’érotique, avec Zones Humides et Petites Morts, autofiction trash au style froid.

Ma citation fétiche…  Ne dites pas: « Mon con ». Dites: « Mon coeur. » Pierre Louys, Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation.
Et aussi Bataille : « je bois dans ta déchirure
j’étale tes jambes nues
je les ouvre comme un livre
où je lis ce qui me tue. »

Retrouvez Dora B. dans ses nouvelles publiées dans la collection Osez 20 histoires:
Chroniques du cougar, dans Osez 20 histoires de chasseuses d’hommes (2011)
La colo, dans Osez 20 histoires de sexe en vacances (2011)
Céleste, dans Osez 20 histoires de sexe sur internet (2011)
Plaisir d’offrir, dans Osez 20 histoires de sextoys (2012)
Contre-transfert, dans Osez 20 histoires de sexe entre filles (2013)
Ainsi que dans l’ouvrage collectif S
ecrets de femme, aux éditions Blanche.

 

 

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